Le journal quotidien Le Monde traite de manière récurrente les sujets liés à l’environnement, le droit animal, l’écologie et bien sûr la chasse.

Dans une édition de fin juillet 2020, le quotidien national parisien consacre une page entière au monde cynégétique (et agricole) titrée ainsi : « La prolifération des sangliers hors de contrôle… La population (hexagonale) s’établit à 2,5 millions de têtes et cause d’importants dégâts. Les chasseurs sont débordés ».

Extraits et commentaires.

Le journaliste commence son sujet dans la Drôme où Sus scrofa s’attaque aux vergers comme aux vignes : « Un fois que les sangliers ont goûté les raisins mûrs, ils reviennent, indique un vigneron. Surtout depuis trois-quatre ans, avec la sécheresse, ils cherchent de la nourriture à la fin de l’été. »

Chemin faisant, l’article déroule les témoignages d’agriculteurs et de chasseurs, ces derniers se trouvant dans la ligne de mire des seconds et…réciproquement. D’un côté, il y a l’accusation du « chasseur-nourrisseur » ; de l’autre la disparition du petit gibier, victime de certaines pratiques agricoles. Cette rhétorique se développe dans beaucoup de départements notamment du sud de la France où même les zones urbaines et périurbaines connaissent des incursions de sangliers, décidément opportunistes et à l’aise dans bien des environnements.

Pour Éric Baubet, expert de l’OFB, « les causes de populations importantes sont multiples (…) la machine s’est emballée, la reproduction est très performante chez cette bête. Sa principale cause de mortalité c’est la chasse. »

Or, certains écologistes estiment que le…loup ( !) peut remplir la fonction de super-prédateur en complément de celle de l’homme. L’expert OFB relativise fortement : « Le loup se fera un plaisir de manger des petits sangliers, mais pas les gros qui représentent un danger. Si on regarde en Italie ou en Pologne, pays où il y a du loup, ils ont aussi des problèmes de sangliers. »

Sans parler d’une réalité majeure qui frappe de nullité l’argument « écologiste » : le loup s’en prend d’abord aux proies faciles comme les brebis. Donc plus de loups, ce n’est pas égal moins de sangliers mais plus de dégâts aux troupeaux.

Encore une fois la situation est ubuesque : trop de sangliers, moins de chasseurs, plus de dégâts et plus d’impacts sur les finances des fédérations de chasseurs (qui indemnisent). Or, si les fédérations font « faillite », que deviennent l’organisation et la pratique de la chasse !?

De surcroît, les prélèvements annuels de sangliers (747 367 pendant la saison 2018-2019) n’enrayent pas la croissance à tendance exponentielle des populations, croissance favorisée par le réchauffement climatique et l’abondance concomitante de nourritures.

Bref, l’article met en exergue les tensions entre villes et campagnes, écologistes et chasseurs, agriculteurs et chasseurs – on se permet d’ajouter entre agriculteurs et écologistes.

La Lozère n’est pas à l’abri de ces mouvements sociétaux de fond même si son atypisme fait que les différentes parties (agriculteurs, chasseurs, services de l’Etat, OFB) communiquent constamment et traitent les dossiers dans le cadre d’une réelle culture de l’entente.

Il n’en demeure pas moins que les prochaines années s’annoncent exigeantes mais aussi passionnantes.

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Nota Bene

Ce sont les seuls chasseurs qui indemnisent les dégâts

Depuis 1968, les fédérations sont tenues d’indemniser les agriculteurs dont les terres sont victimes de dégâts occasionnés par le grand gibier. Au niveau national, cela représente 80 millions d’euros et la dépense augmente – à tel point que certaines fédérations doivent emprunter.

La Fédération Nationale des Chasseurs (FNC) est à la lutte pour que cette facture soit partagée et non pas payée uniquement par les chasseurs. Le débat, ardu, est en (long) cours…

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