Ah ils y mettent cette ardeur obstinée qui caractérise la bien-pensance forcément univoque.

Les médias tirent (!) à hue et à dia sur le monde cynégétique et le journal Le Monde s’illustre vertement ces dernières semaines – au risque de verser dans la partialité.

L’édition du 9 décembre 2019 annonce en Une (manchette) un dossier titré « Les chasseurs dans le viseur » et comptant trois pages (en fait quatre avec la Une du supplément L’Époque).

Une époque qui n’est pas drôle pour les chasseurs : « Le chasseur serait-il la nouvelle figure de détestation de l’écologie triomphante ? Sur le terrain, la tension monte et les conflits se multiplient entre pourfendeurs et défenseurs de la chasse. »

Le ton est donné, le stylo armé et le reporter affûté ; il va sur le terrain c’est-à-dire dans l’Oise, grande banlieue « verte » de Paris où la chasse à courre est active et fortement controversée.

Bien évidemment, les habitants des zones pavillonnaires et promeneurs du dimanche ne goûtent guère l’activité cynégétique. À leur décharge ( !), on peut écrire (pour l’avoir vécu) que la pression de chasse peut être pesante voire menaçante. Mais la chasse ne se résume pas à ces régions péri-urbaines ni aux comportements condamnables de certains équipages de chasse et de battue. Les vilains petits canards, il y en a partout, dans tous les compartiments des activités et jeux humains.

La journaliste s’enfonce plus avant dans le sujet en interviewant l’inoxydable Bougrain-Dubourg qui déclare : « La France va trop loin en chassant 64 espèces d’oiseaux contre moins de 30 dans les autres pays européens. »

LES CHASSEURS, BIENTÔT DES… DINOSAURES ?

Bref, on aura compris que le dossier du Monde a tout d’une instruction à charge. Même si des chasseurs ont été sollicités, pour avis.

Ainsi de Willy Schraen, président de la FNC (la chasse c’est la ruralité et inversement) et du président de la fédération ardéchoise, Alain Lignier, dont les locaux furent incendiés durant l’été 2019.

Les chasseurs ont tout pour…déplaire, ce sont des dinosaures dans un monde hyper-urbanisé, centré sur les nouvelles technologies, envahi par l’intelligence artificielle, oxymore parfait résumant l’abîme séparant aujourd’hui l’homme de sa mère Nature. Un jour viendra où le chasseur pilotera un drone depuis son fauteuil, drone « armé » lui-même contrôlé, formaté…Un véritable cauchemar, non !?

Toujours est-il que cette pression médiatique constante fait douter de l’intelligence et de la tolérance d’une société à l’égard de celles et ceux qui vivent à la campagne et contribuent à la faire survivre – pour combien de temps encore ?..

—————————————————————————————————————–

Nota Bene

Le Monde a interviewé Frédéric Jiguet, professeur au Muséum national d’histoire naturelle et ornithologue. Celui-ci tient un discours au moins mesuré dont voici la conclusion : « Nous devons préserver les espèces en voie de disparition (auxquelles s’ajoutera très bientôt l’homme, NDLR). A force de demander toujours plus, de tout justifier, de vouloir défendre le tir d’espèces menacées, les chasseurs perdent beaucoup de crédibilité. La régulation des sangliers, des cervidés, serait mieux acceptée par les Français si les chasseurs acceptaient une adaptation à la dynamique des populations d’oiseaux migrateurs, comme le font les Américains depuis 25 ans. Et une adaptation de leur activité de loisir (la chasse est d’abord une culture inscrite dans un mode de vie, NDLR) au besoin de reconnexion à la nature d’une grande majorité de nos concitoyens. »

Certes mais citons pour mémoire certains endroits du chemin de randonnée Stevenson que les chasseurs doivent nettoyer en début de saison…

Bon alors, à quand trois ou quatre pages dans Le Monde consacrées à la culture cynégétique !?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous devez remplir ce champ
Vous devez remplir ce champ
Veuillez saisir une adresse de messagerie valide.
Vous devez accepter les conditions pour continuer

Menu