À lire, écouter, regarder les médias –et il y en a pléthore, « merci » Internet – on pourrait croire que la chasse est la grande oubliée de l’écologie, plus exactement de la nature, et des médias. C’est bien simple, la chasse est abonnée, malgré elle, à la rubrique Faits divers qui aime se repaître du moindre incident ou d’une tragédie.

Les médias dominants, la plupart du temps ancrés dans les métropoles, ignorent la chasse dans sa dimension naturelle, culturelle, sociale et économique. Ils ne l’invitent dans l’espace communicationnel qu’à l’occasion d’une actualité dite « chaude ».

Dans son édition du 9 novembre 2019, le journal Le Monde consacre deux pages à l’agribashing titrées « Le discrédit agricole ». Le bashing, c’est le dénigrement systématique d’une activité, d’une corporation, d’un groupe ; il s’agit bien souvent d’un lynchage orchestré sur les plateaux télé et dans les colonnes des journaux (papier, numérique).

Les agriculteurs avouent souffrir de ces campagnes… anti-campagnards/paysans. Même les producteurs bio encaissent mal comme cet éleveur de poules bio dans la Drôme : « On fait un super métier, on nourrit nos concitoyens et brusquement on devient des empoisonneurs, des assassins. » La télévision, incontournable à l’heure des repas dans les cuisines (NDLR : ah bon !?), n’arrange pas les choses. « Dès qu’on l’allume, on entend des remarques négatives sur nous », déplore (une agricultrice du Cantal (maraîcher)… »

La chasse, une « pestiférée » pour les « canards » !?

L’arrivée de néoruraux bouleverse la cartographie socioculturelle. Un éleveur de porcs constate : « Il y a deux ou trois générations, tout le monde avait des racines à la campagne. Maintenant, c’est terminé. Nous, on travaille avec le vivant, ce qui implique un contact avec la mort, mais aussi avec des bruits, des odeurs… Et là, on voit arriver des gens qui n’ont plus aucun lien avec le vivant. Ni aucune idée de nos manières de travailler. Nous n’avons plus de langage commun. »

Un autre évoque la maltraitance animale, dans les élevages comme dans les abattoirs ; lui il aime ses animaux et ne se considère pas comme un « bourreau » : « Les images diffusées par L214 (NDLR : un collectif spécialisé dans le tournage d’images clandestines dans les abattoirs, notamment) nous horrifient nous aussi. On élève nos animaux, les tuer n’est jamais un geste anodin, même aux yeux des chasseurs. »

Une élue du département de l’Orne lance cette suggestion, en forme de cap à tenir : « Les agriculteurs doivent reprendre la maîtrise de la communication. »

Cela ne s’appliquerait-il pas également aux chasseurs ? Sachant que, comme pour tout groupe, toute activité, il n’y a pas que des chasseurs sachant chasser scrupuleusement, respectueusement…

Indéniablement, la chasse nécessite aujourd’hui un grand débat, à large spectre – dans ses pratiques, dans ses impacts, dans son rapport à la nature et aux autres (paysans, randonneurs, aménageurs…).

Il faut éviter une sorte de sanctuarisation négative de la chasse alors que celle-ci a toute sa place et son rôle à jouer dans les vies et les équilibres des campagnes où vivent (encore) un tiers des Français.

 

Nota Bene

Le budget du ministère de l’Écologie augmente de 2,6% en 2020 mais à quel…prix.

En effet, près de 5000 postes seront supprimés d’ici 2022. L’Office français pour la biodiversité (OFB) naît en janvier 2020 de la fusion entre l’Agence française pour la biodiversité et l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (Oncfs). A peine porté sur les fonts baptismaux, il est assuré (sic) de perdre au moins 60 postes dans les trois ans à venir.

Moralité : plus l’État dit protéger la nature, plus il supprime des emplois de « sentinelles de la nature »…

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